Hong Kong développe une IA souveraine sur puces chinoises

Le centre gouvernemental hongkongais HKGAI prépare le lancement d'un modèle d'IA basé sur DeepSeek, optimisé pour fonctionner entièrement sur des puces chinoises. Une stratégie d'indépendance technologique qui interroge les dirigeants français sur le…

Rédaction · 4 mai 2026 à 16h37 · 2 min de lecture ·

Hong Kong développe une IA souveraine sur puces chinoises
© L'entreprise Intelligente

Le centre gouvernemental hongkongais HKGAI prépare le lancement d'un modèle d'IA basé sur DeepSeek, optimisé pour fonctionner entièrement sur des puces chinoises. Une stratégie d'indépendance technologique qui interroge les dirigeants français sur leurs propres choix d'infrastructure.

Une approche souveraine de l'intelligence artificielle

Selon le South China Morning Post (Hong Kong), le centre de recherche gouvernemental HKGAI prépare le lancement de son modèle HKGAI-V3 dans la première moitié de cette année. Basé sur l'architecture DeepSeek V4, ce système a été "optimisé pour fonctionner sur du matériel grand public et domestique, y compris les puces Ascend 910C de Huawei Technologies", précise Guo Yike, directeur du centre.

Cette initiative s'inscrit dans une démarche d'"IA souveraine" définie par les chercheurs comme "la capacité d'une juridiction à développer et exploiter des systèmes d'IA sur sa propre infrastructure". L'objectif : "assurer la sécurité des technologies critiques, la maîtrise de la souveraineté des données et l'alignement avec les exigences linguistiques, culturelles et institutionnelles locales".

Des applications concrètes déjà déployées

Le centre HKGAI, établi en 2023 sous le programme gouvernemental InnoHK, a déjà lancé HKChat en novembre dernier, le premier chatbot cantonais de Hong Kong. Selon le South China Morning Post (Hong Kong), ce système offre "des services tels que des informations de bus en temps réel et des conseils sur les lois et réglementations locales".

Cette approche pragmatique démontre comment une collectivité peut adapter les grands modèles de langage à ses spécificités linguistiques et réglementaires, tout en maîtrisant sa chaîne technologique de bout en bout.

Les enjeux pour les entreprises françaises

Pour les dirigeants de PME et ETI françaises, cette stratégie hongkongaise soulève des questions essentielles sur leur propre dépendance technologique. Alors que l'AI Act européen impose des obligations de transparence et de contrôle sur les systèmes d'IA, la maîtrise de l'infrastructure devient cruciale.

La CNIL française recommande déjà aux entreprises d'évaluer la localisation de leurs données et traitements IA. Dans ce contexte, s'appuyer uniquement sur des solutions américaines ou chinoises peut créer des vulnérabilités réglementaires et stratégiques.

Recommandation concrète : Les dirigeants français devraient auditer leurs fournisseurs d'IA actuels pour identifier les risques de dépendance. BPI France propose des accompagnements spécifiques pour aider les entreprises à évaluer et réduire leur exposition aux ruptures technologiques internationales.

Vers une souveraineté numérique européenne ?

L'exemple hongkongais illustre qu'il est possible de développer des capacités d'IA adaptées aux besoins locaux, même à l'échelle d'une ville. Pour la France, cela questionne l'urgence de soutenir des alternatives européennes comme Mistral AI ou les initiatives de cloud souverain.

Les entreprises françaises ont tout intérêt à anticiper cette transition en diversifiant leurs partenaires technologiques et en privilégiant, quand c'est possible, des solutions développées en Europe ou avec une gouvernance transparente des données.

Sources : South China Morning Post (Hong Kong).


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