Le géant chinois anticipe une croissance de 60% de ses revenus de puces IA en 2026, portés par la demande domestique. Une dynamique qui interroge sur la souveraineté technologique européenne et les stratégies d'approvisionnement des PME françaises.
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Le géant chinois anticipe une croissance de 60% de ses revenus de puces IA en 2026, portés par la demande domestique. Une dynamique qui interroge sur la souveraineté technologique européenne et les stratégies d'approvisionnement des PME françaises.
Une croissance spectaculaire tirée par le marché intérieur
Huawei projette une hausse d'au moins 60% de ses revenus issus des puces d'intelligence artificielle cette année, selon le Financial Times (Royaume-Uni). L'entreprise chinoise table sur environ 12 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans ce segment en 2026, contre 7,5 milliards en 2025, grâce à la forte demande des entreprises chinoises pour ses solutions domestiques.
Cette progression s'appuie majoritairement sur les commandes du processeur Ascend 950PR, entré en production de masse en mars dernier, précise l'Economic Times (Inde). Huawei prévoit également de lancer une version améliorée, le 950DT, au quatrième trimestre 2026.
Les leçons pour les dirigeants français
Cette montée en puissance de Huawei révèle trois enseignements stratégiques pour les PME et ETI françaises. D'abord, l'importance de sécuriser ses chaînes d'approvisionnement technologiques. Les sanctions américaines ont paradoxalement renforcé l'écosystème chinois de l'IA, créant un marché captif de 1,4 milliard de consommateurs.
Ensuite, la nécessité d'anticiper les ruptures géopolitiques. Les entreprises françaises doivent diversifier leurs fournisseurs de solutions IA pour éviter une dépendance excessive aux acteurs américains ou chinois. La CNIL recommande d'ailleurs d'évaluer la souveraineté des données lors du choix d'outils d'intelligence artificielle.
Opportunités pour l'écosystème français
Cette dynamique chinoise souligne aussi les opportunités pour les acteurs européens. BPI France soutient déjà plusieurs start-ups spécialisées dans les semi-conducteurs IA, comme Kalray ou SiPearl. Les PME françaises peuvent bénéficier de ces innovations locales tout en construisant leur indépendance technologique.
L'AI Act européen, applicable depuis 2025, offre par ailleurs un avantage concurrentiel aux solutions développées dans le respect des standards européens. Les dirigeants ont intérêt à privilégier des partenaires technologiques alignés sur cette réglementation pour anticiper les exigences de compliance.
Recommandation concrète : Les PME françaises devraient auditer leurs outils IA actuels et identifier les alternatives européennes disponibles via les OPCO sectoriels. Cette démarche, éligible aux crédits d'impôt recherche, permet de réduire les risques géopolitiques tout en renforçant l'écosystème technologique national.
Sources : Financial Times (Royaume-Uni), Economic Times (Inde).